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Marie-Noëlle Albert

Une personne n'est pas une ressource

La proposition tient en une phrase, mais elle n’a rien d’un slogan : parler de « ressource humaine » est une erreur de catégorie, et cette erreur a des conséquences pratiques. Le vocabulaire de la gestion produit les organisations qu’il décrit.

Une personne est unique, irréductible à ses compétences, et ne se gère pas comme un stock. La gestion devient alors une activité de personnes envers d’autres personnes, orientée vers une durabilité à la fois humaine, organisationnelle et environnementale.

Le texte fondateur

2015

From Resource to Human Being: Toward Persons Management

De la ressource à l'être humain : vers une gestion des personnes

L'article-manifeste. Parler de « ressource humaine » est une erreur de catégorie qui a des conséquences pratiques : une personne est unique, irréductible à ses compétences, et ne se gère pas comme un stock. Le texte s'appuie notamment sur Emmanuel Mounier, Edgar Morin, Domènec Melé et Emmanuel Levinas.

Notice complète, licence et accès au texte

Ancrages philosophiques

Emmanuel Mounier
Le personnalisme : la personne comme sujet irréductible, jamais comme moyen.
Edgar Morin
Le paradigme de la complexité : on ne simplifie pas un humain sans le manquer.
Domènec Melé
Le management humaniste : la finalité de l’organisation est humaine avant d’être financière.
Emmanuel Levinas
L’éthique de l’altérité : la responsabilité naît du visage de l’autre.

Le texte convoque également Kant, Hans Jonas, Bergson et Mintzberg.

SourcesOpenAlex — A5089632508Crossref

Prolongement

La communauté de personnes

Si une personne n'est pas une ressource, une organisation n'est pas non plus une somme d'individus ni un simple nœud de contrats. Elle peut devenir une communauté — mais rien ne l'y oblige.

Le dialogue en est la condition

Sans dialogue véritable — c’est-à-dire sans la possibilité d’être surpris par l’autre —, une organisation reste une association d’individus, quelles que soient les valeurs qu’elle affiche.

Albert & Pérouma, 2017

La diversité rend le dialogue nécessaire

Le passage d’une association d’individus à une communauté de personnes est décrit pas à pas. La diversité n’y est pas un problème à administrer : c’est ce qui rend le dialogue indispensable, et donc possible.

Albert & Lazzari Dodeler, 2022

La solidarité ne se décrète pas

C’est la nuance à ne pas aplatir : la solidarité en milieu de travail se développe, mais imposée, elle engendre la dérision plutôt que l’entraide.

Albert, Lazzari Dodeler & Ohin, 2022

SourcesCrossrefOpenAlex — A5089632508Cairn — publications de Marie-Noëlle Albert

Portée

Un changement de paradigme, pas un ajustement de vocabulaire

« Gérer des personnes dans la complexité : un changement de paradigme », 2023

Le déplacement engage une manière de penser : les opérateurs de la pensée complexe — dialogique, récursivité — deviennent des outils de gestion, et non des métaphores.

Le déplacement le plus récent en donne la mesure. En 2026, la proposition se porte sur la diversité elle-même : on ne gère pas une diversité abstraite, on rencontre des personnes diverses.

« De la gestion de la diversité à la gestion des personnes diverses », 2026

Corpus

Les travaux rattachés à cet axe

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Une proposition qui s’enseigne

La gestion des personnes n’est pas restée une position d’article. Elle a donné lieu à des programmes : une maîtrise en gestion des personnes en milieu de travail, offerte à distance depuis l’automne 2020, un DESS, et un programme court de 2e cycle en gestion de l’équité, de la diversité et de l’inclusion. Marie-Noëlle Albert dirige le comité de programme de la maîtrise au campus de Rimouski.

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SourcesFiche professorale — UQAR