Marie-Noëlle Albert
Professeure titulaire en sciences de la gestion, Unité départementale des sciences de la gestion, Université du Québec à Rimouski. Elle se présente elle-même comme professeure en gestion des personnes en milieu de travail — c’est la formulation qu’elle emploie dans le réseau Reliance en Complexité, et celle que ce site retient.

Marie-Noëlle Albert a d'abord été gestionnaire. Pendant une dizaine d'années, elle a dirigé des équipes, avant de faire de cette expérience un objet de recherche. C'est ce déplacement — de la pratique vers la science, sans jamais renier la pratique — qui donne à ses travaux leur signature.
Elle soutient en 2007 une thèse de doctorat en sciences de la gestion à l'Université Jean Moulin Lyon 3, sous la direction de Marie-José Avenier, sur l'engagement au travail revisité à l'aide du concept de « soi ». Elle rejoint ensuite l'Université du Québec à Rimouski, où elle est professeure à l'Unité départementale des sciences de la gestion.
Sa recherche part d'une conviction simple et exigeante : une personne n'est pas une ressource. Le vocabulaire de la « ressource humaine » produit les organisations qu'il décrit — il faut donc en changer. Avec Michèle Fortier, elle propose une gestion des personnes ; avec Jean-Philippe Pérouma et Nadia Lazzari Dodeler, elle développe la notion de communauté de personnes, une organisation où le dialogue et la reconnaissance mutuelle ne sont pas des suppléments d'âme mais des conditions de fonctionnement.
Elle a par ailleurs contribué à développer et à formaliser une méthode de recherche, l'autopraxéographie, qui permet à une praticienne ou à un praticien de construire des savoirs scientifiques à partir de sa propre expérience, par un travail rigoureux de réflexivité et de dialogue avec les théories. Plusieurs des mémoires qu'elle a dirigés emploient aujourd'hui cette méthode.
Ses travaux les plus récents portent sur la bienveillance et la solidarité au travail, sur l'inclusion des personnes immigrantes en région — avec l'organisme Accueil et Intégration Bas-Saint-Laurent comme partenaire de terrain — et sur ce que l'irrationalité humaine a d'irremplaçable face à l'intelligence artificielle.
Elle est membre associée du Centre de recherche sur les innovations sociales (CRISES), membre du GRIDEQ et de l'équipe ETHOS à l'UQAR, ainsi que du réseau international Reliance en Complexité, issu de la Chaire UNESCO consacrée à la pensée complexe d'Edgar Morin.
Sa propre formulation
« Marie-Noëlle Albert détient un doctorat en sciences de la gestion de l’Université Jean Moulin (Lyon III) et est professeure au département de gestion de l’Université du Québec à Rimouski. Après une expérience de gestionnaire d’une dizaine d’années, elle s’est spécialisée en gestion des personnes en milieu de travail. Elle s’intéresse particulièrement à la manière de légitimer des récits de praticiens, qu’ils soient ou non autobiographiques. »
C’est la clé de voûte de sa biographie, et elle l’a écrite elle-même. Elle n’est pas une théoricienne venue de l’université vers la pratique : elle a géré pendant dix ans, puis a fait de cette expérience un objet de science.
Toute sa méthode découle de là. C’est aussi ce qui explique la constance de sa question : à quelles conditions le récit d’une praticienne devient-il un savoir scientifique ?
Posture
Constructivisme pragmatique et paradigme de la complexité
Une filiation directe
Sa directrice de thèse, Marie-José Avenier, est une figure majeure de l’épistémologie constructiviste pragmatique en sciences de gestion, elle-même en dialogue avec Jean-Louis Le Moigne. La position est formalisée en 2013, avec Marie-Michèle Couture, dans un article des Recherches qualitatives consacré à la légitimation des savoirs issus de récits autobiographiques.
Concrètement : la connaissance valable ne descend pas de la théorie vers le terrain. Elle se construit dans l’expérience, puis se légitime par un travail rigoureux de mise en dialogue avec les théories existantes.
Edgar Morin, nommément
Le paradigme de la complexité est un pivot explicite et assumé, pas une référence d’ornement. Elle en mobilise les opérateurs par leur nom — dialogique, récursivité, ingenium — et a codirigé un numéro thématique entier de la Revue Interventions économiques consacré à ce paradigme.
Elle est par ailleurs membre du réseau international Reliance en Complexité, issu de la Chaire UNESCO qui diffuse cette pensée.
Ce sur quoi elle travaille
Six axes, une même architecture
Gestion des personnes
Une personne n'est pas une ressource : ce que change ce simple déplacement de vocabulaire, dans la théorie comme dans les pratiques quotidiennes de gestion.
Communauté de personnes
Comment une organisation passe d'une association d'individus à une communauté, et pourquoi le dialogue véritable en est la condition.
Autopraxéographie
Une méthode pour qu'une praticienne ou un praticien transforme son expérience vécue — y compris difficile — en savoir scientifique légitime.
Pensée complexe
Penser les organisations avec Edgar Morin : dialogique, récursivité, et le refus des solutions simples aux problèmes complexes.
Inclusion, diversité et bienveillance
Ce que l'inclusion exige réellement des organisations, et pourquoi la solidarité imposée produit l'effet inverse de celui recherché.
Humain et intelligence artificielle
L'irrationalité humaine comme atout, non comme défaut, dans une coopétition avec l'intelligence artificielle.
Affiliations
Les réseaux qui portent ce travail
- UQAR
Son établissement d'attache. Elle y enseigne aux cycles supérieurs et y dirige des mémoires et des thèses en gestion des personnes en milieu de travail.
- ReCx
Un réseau savant transdisciplinaire de diffusion de la pensée complexe d'Edgar Morin, né d'une rencontre entre Edgar Morin et Régis Meissonier en mars 2019. Marie-Noëlle Albert y est listée nommément parmi les membres du réseau ; le réseau lui a consacré un portrait vidéo.
- CRISES
Un centre interuniversitaire consacré aux innovations sociales. Expertises déclarées : complexité de l'humain, gestion des personnes en milieu de travail, gestion des ressources humaines, méthodes de recherche qualitatives.
- GRIDEQ
Le groupe qui ancre ses travaux dans le territoire : l'inclusion des personnes immigrantes y est étudiée à l'échelle du Bas-Saint-Laurent, région éloignée des grands centres et sans enclaves ethniques.
- ETHOS
L'équipe d'éthique de l'UQAR, où se prolonge le versant normatif de ses travaux : la personne comme sujet éthique, la vulnérabilité, le jugement professionnel.
- AIBSL
L'organisme régional d'accueil des personnes immigrantes qui sert de terrain aux travaux sur la bienveillance et la performance.
Professeure titulaire
Membre du réseau
Membre associée
Membre associée
Membre
Partenaire de terrain